7. SYSTÈME MONÉTAIRE

« le véritable accomplissement ne provient pas de sources extérieures ou ne peut être acheté avec de l’argent, mais provient d’un alignement intérieur sur le but de notre vie, d’une profonde connexion avec les autres êtres, d’une vie au cœur ouvert et motivée par la joie de donner.

Notre objectif est de lâcher une existence motivée par l’appât du gain à une vie qui a du sens et qui vise le bien-être de toute vie. »

« l’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maitre »

Verset biblique

Réconcilier l’intérêt particulier avec l’intérêt collectif
Lire ici

Philippe Derruder et les éconologistes :

« L’être humain est  fondamentalement tiraillé entre deux forces : L’égoïsme et l’altruisme. Prendre soin  de soi et prendre soin des autres. Jusqu’à présent ces deux forces se sont opposées, ce qui s’est traduit dans nos modèles économiques par deux impasses : Le collectivisme qui au nom de l’intérêt collectif a brisé l’individu, et le capitalisme qui au nom de l’intérêt particulier détruit l’environnement qui le fait vivre.

Tant que nous ne réconcilions pas ces deux forces nous nous condamnons à l’impuissance car, si  d’un côté nous prenons conscience depuis 40 ans que prendre soin de notre chère planète nourricière nécessite de la sobriété de notre alors part, le modèle économique que nous avons choisi impose croissance infinie.

Il nous semble donc prioritaire d’aller vers un modèle qui conduit à ce que ces forces pour l,heure opposées se complètent l’une l’autre

La création monétaire au service de la  réconciliation de l’ intérêt privé et de l’intérêt collectif

Le modèle de création monétaire peut être un excellent outil de réconciliation de l’intérêt collectif avec l’intérêt privé. Pour cela ils doivent obéir à des règles différentes.

Intérêt particulier

Le système de création monétaire par la dette est parfaitement adapté à l’intérêt particulier. Il s’agit là du commerce de biens et services qui, parce qu’ils sont vendables à profit, intéresse des investisseurs privés. Comme la finalité est l’enrichissement privé il est naturel que le risque soit  pris par les « particuliers » qui en espèrent un profit.

Intérêt collectif

En revanche l’intérêt collectif n’a pas comme finalité le profit financier mais la satisfaction du Bien commun qui dans le système actuel est considéré comme une dépense et non comme une richesse, car financé par une redistribution d’une partie des revenus privés via la fiscalité.

Une monnaie don décorrélée de l’économie marchande

Si on veut servir le Bien commun, objectif qui devient prioritaire pour la survie de notre espèce, il faut lui assurer un financement indépendant des performances de l’économie marchande. C’est chose possible grâce au fait que la monnaie moderne est créée par des règles humaines. L’aspect monétaire dans ce cas n’est plus une fin mais un simple moyen créée à la hauteur de ce qu’il faut,  une fois consensus atteint sur  l’objectif recherché et sa faisabilité pratique.

Une monnaie-don, c’est à dire n’ayant pas comme contrepartie une dette, est créée par un organisme public sous contrôle et mandat citoyen, en contrepartie de la pertinence de l’objectif.

Chaque champ (sphère de intérêt privé / intérêt collectif)  trouve ainsi en toute autonomie le financement adapté sans que l’un se fasse au détriment de l’autre, ce qui les amènent à co-construire au lieu de se freiner.

Réconcilier l’intérêt humain  et la préservation des écosystèmes

Nous devons sortir de l’extractivisme, du productivisme, du consumérisme et de la logique d’accumulation financière. Pour sortir de notre modèle mortifère, la remise en cause de notre monoculture monétaire fondée sur une dette croissante apparaît incontournable. Sa logique impose d’une part à ne considérer comme richesse que ce qui génère du profit financier, même si c’est destructeur des liens sociaux et des écosystèmes naturels, et d’autre part à rendre l’économie structurellement dépendante d’une croissance infinie. Elle a certes apporté un confort matériel inégalé dans l’histoire de l’humanité, mais elle condamne nos sociétés par l’effondrement du Vivant et par des inégalités sociales intolérables ».

Philippe Derruder et les éconologistes

Nous avons besoin d’un système monétaire pour une société de la préservation, de la régénération et de la résilience non soumis à la rentabilité financière. Nous nous accordons pour affirmer qu’il est temps de mettre en place une architecture financière complémentaire, à travers une création monétaire déconnectée d’une dette financière, mais connectée à ces objectifs de création de valeur sociétale. Cette innovation permet de financer la régénération de la planète et les services fondamentaux à la vie humaine. L’essentiel devient accessible à tous : l’alimentation saine, le bien-être, la santé, une activité digne et rémunératrice, la culture et la connaissance, en accord avec les limites de la Nature.

7a.) Nous introduisons un nouveau système monétaire

Pistes de réflexion pour débat
Lire ici

Le système économique et financier est certainement une des causes majeures de la crise systémique que nous traversons. Il convient donc de le repenser en profondeur pour réconcilier les divers enjeux mentionnés ci-dessus.

A ce stade, eu égard à l’importance des enjeux,  plus que d’offrir des solutions « toutes faites », nous proposons quelques pistes de réflexion pour alimenter les débats  :

  • Les divers systèmes monétaires déjà développés ou en cours seront testés au niveau régional et développés en collaboration avec les producteurs, artisans, prestataires de services et consommateurs régionaux, jusqu’à ce qu’un système qui fonctionne bien et qui soit facile à gérer et à appliquer au niveau suprarégional soit trouvé.
  • Nous suggérons de suivre les expériences en cours et les théories de libres-penseurs qui ont ouvert des voies vers des systèmes monétaires visionnaires et innovants.
  • Pour plus d’exemples, cliquez ici
  • Gradido (lien : https://gradido.net/en/) ,( https://gradido.net/wp-content/uploads/2020/09/gradido-ebook-fr.pdf
  • seeds
  • Tera (projet de développement territorial visant à créer un écosystème coopératif pour relocaliser à 85% la production vitale à ses habitants, et valorisant cette production en monnaie citoyenne locale, émise via un revenu d’autonomie d’un euro supérieur au seuil de pauvreté pour chacun de ses habitants).
  • Monnaies libres et complémentaires
  • Les sels (pour approfondir, c’est ici )
  • Les accorderies
  • et bien d’autres écosystèmes financiers en cours de création et d’expérimentation.

La dette

Une réflexion doit être menée pour savoir comment alléger voire supprimer le poids des dettes privées et publiques qui pèse sur le monde et les générations futures ;

L’annulation des dettes, lorsqu’elle est juste et souhaitable, ne doit pas se faire au détriment des petits porteurs et prêteurs privés initiaux. Dans le monde d’après la transition, selon le modèle économique final retenu, les intérêts sur les crédits et les avoirs ainsi que la spéculation se révèleront inutiles.

Le nouveau système monétaire veille à une équité et stabilité du pouvoir d’achat et de vie ;

Dans le système Gradido,  la création d’argent se fait selon des règles simples. Une bonne somme d’argent est créée chaque mois pour chaque personne.

Un tiers de l’argent créé est utilisé pour un revenu de base de cette personne (voir chapitre 7.c.).

Le deuxième tiers est destiné à la communauté et à toute administration. Pour les espaces de guérison, les lieux d’apprentissage, les universités, la construction de routes, etc. Ainsi, il n’y a plus d’impôts à payer.

Le troisième tiers est consacré à la renaturation, à la guérison et à la préservation de notre environnement. La nature et la protection de l’environnement deviennent ainsi un secteur économique des plus florissants.

Alors qu’aujourd’hui le contenu de l’existence est soumis et contraint par l’accès à l’argent, sans tenir compte des limites écologiques, après la période de transition, nous adapterons nos modes de vie à ce que la planète peut soutenir.

Le nouveau système monétaire s’aligne sur les grands cycles naturels de la vie , n’incitant pas à la thésaurisation et à la spéculation.

La monnaie est fondante (intérêt négatif, par ex 1% par mois) , ce qui dissuade la thésaurisation et incite à l’utilisation productive (prêter, participer à des projets ou cadeaux à offrir).

« Donner est facile pour nous. S’y ajoute le sentiment de bonheur d’avoir aidé les autres ». (Gradido)

L’argent est reconnu comme un outil simple à utiliser, et au service total de la communauté.

(La priorité dans notre nouvelle culture étant la santé et le développement du potentiel des personnes, l’argent ne sert que de moyen d’échange, de prêt et de don pour répondre aux  besoins des êtres vivants.)

7b.) une fiscalité « intelligente »

Selon le modèle qui fera consensus, la fiscalité pourra avoir plusieurs finalités : impôt comme outil de régulation (destruction de la monnaie excédentaire consécutive à l’émission de monnaie don),  de redistribution, de soutien et de régénération.

Incitation réelle aux activités de régénération de nos écosystèmes par pénalisation des activités nuisibles.

Durant la phase de transition, les producteurs dont l’activité nuit à tout écosystème (aux hommes, aux animaux, aux plantes, aux sols, aux micro-organismes, à l’air, aux eaux, aux forêts) paieront des « taxes de régénération » conséquentes qui serviront à la guérison et à la reconstruction de l’humain et de la terre.

 

 

7c.) Revenu d’existence

Le revenu d’existence pourra peut-être trouver une place permettant la reconnaissance de la valeur de chacun tout en étant un facteur d’épanouissement et de création de valeur sociétale.

Ex. Le revenu de base actif repose sur le principe du donnant-donnant (donner & recevoir). Chaque personne est libre de contribuer au bien commun en fonction de sa nature. Ainsi, certaines personnes aiment travailler dans des projets de régénération de la nature, avec des personnes en difficulté, dans l’administration, dans la construction de routes ou dans le développement de  lieux communautaires transgénérationnels. D’autres font du pain, de la musique ou sont dans la recherche et développement de technologies favorables à la vie et servant la communauté. Ces formes d’emploi permettent de développer son sens de l’utilité et de l’appartenance au groupe, à la collectivité, tout en favorisant la qualité des liens et de la solidarité entre tous les êtres.

L’adage selon lequel « tout ce qui est rare est cher » étant inversé, l’argent disponible en abondance, a perdu de son importance et n’alimente plus les activités de prédation, domination et prise de pouvoir sur autrui.


7d.)
La terre ne peut appartenir qu’à la terre elle-même

Pourquoi avons-nous besoin de changement ?
Lire ici

Peu de phrases – mal comprises – ont contribué à plus de destruction que la phrase « Assujettissez la terre ».

Au cours des derniers siècles, notre esprit a été de plus en plus entraîné

à s’orienter vers une séparation de la nature, vers l’exploitation et la maximisation du profit.

Cela a eu pour conséquence qu’au lieu d’être les gardiens d’un lieu, nous avons fait de cet endroit notre sujet – sans tenir compte de tous les êtres vivants, qui y avaient peut-être élu domicile depuis des centaines d’années – en détruisant l’humus, en bétonnant la terre, en empoisonnant les sols et les eaux, etc.

La course aveugle au profit et à la prospérité matérielle nous a poussés à ne plus écouter la Terre et à ne plus nous sentir partie intégrante d’elle.

Nous sommes maintenant invités à apprendre de nos frères et sœurs des peuples indigènes, qui ont gardé et préservé ce lien avec la Terre jusqu’à aujourd’hui, et à devenir nous-mêmes des gardiens de la Terre.

«Nous n’avons pas hérité de la Terre de nos ancêtres,
nous l’avons empruntée à nos enfants.»
Sagesse amérindienne

La question de la propriété doit faire l’objet d’une réflexion profonde, sachant que selon l’intention sous-jacente elle peut devenir tout autant asservissante qu’épanouissante.

Personne ne peut « posséder » une terre et personne ne devrait pas non plus avoir la possibilité de « spéculer » sur elle. La terre est le berceau de notre vie à tous.

Dans cet esprit de réflexion, la terre offrant son abondance, il ne parait pas naturel de la « posséder » . il serait souhaitable de nous comporter en gardiens bienveillants et précautionneux de cette espace de terre tout en protégeant et soignant les êtres vivants qui cohabitent avec nous sur ce lieu.

A partir d’une certaine taille de surfaces de terre  à déterminer, elles sont transférées à des fondations (dédiées à la restauration des sols et du vivant) »pour la libération (régénération de terres stérilisées par d’anciennes constructions) et la protection du sol ». Pendant la phase de transition, l’expérience existant en Suisse est à observer et potentiellement à dupliquer : les terres agricoles sont confiées à des fondations dédiées à la restauration des sols et du vivant ce qui permet d’assurer la sécurisation de la destination agricole de la terre.

 

 

 

7e.) Propriété privée, bases de vie, et entreprises

Ces questions autour de la propriété et des nouvelles formes de juridiques associées trouveront une réponse pertinente en sortant des contradictions qui nous condamnent à la paralysie ou à faire des mauvais choix. Pour cela, comme nous l’avons souligné, le Bien commun ne doit plus être un sous-produit dépendant des ressources que le privé accepte de lui allouer, mais au contraire avoir ses propres ressources qui lui permettent d’exprimer son plein potentiel et favoriser ainsi l’intérêt privé, comme un champ fertile favorise la prospérité de son exploitant. En nous libérant de la nécessité de marchandisation de la planète on libère l’imaginaire qui pourra donner alors à la propriété et aux bases de vie des places et tournures bien différentes de ce qu’on peut imaginer actuellement.

Les entreprises, les routes, les sources, les gisements de matières premières, les immeubles locatifs, etc. sont des lieux de création d’activités économiques et de centre de vie et non plus uniquement des objets commerciaux sujets aux lois du marché économique.

Nous cherchons  des nouvelles formes juridiques qui protègent le « bien commun et investiguons en mettant en pratique les formes existantes – les entreprises issues de l’économie sociale et solidaire- ou nouvelles allant dans ce sens.

 

 

 

 

 

7f.) « Crowdfunding » et « Open Source »

Les grandes plateformes de crowdfunding/ crowdinvesting permettent aux entrepreneurs d’obtenir plus facilement des fonds pour leurs projets et d’être en contact direct avec leurs promoteurs.

D’autres plates-formes proposent en « open source » des cours, des images, des films, des logiciels, etc. qui, comme leur nom l’indique, peuvent être utilisés librement par tout le monde.

Ainsi, les œuvres créatives et les nouvelles inventions peuvent être rapidement diffusées dans le monde entier. La rémunération se fait par  des dons ou « prix de conscience » pour les créateurs.

« Nous devenons tous plus généreux et nous ressentons un immense plaisir d’avoir aidé d’autres ! » (Gradido)

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Un commentaire

  1. La Monnaie Libre Ğ1 (june), basée sur la Théorie Relative de la Monnaie (TRM) de Stéphane Laborde, offre toutes les qualités requises pour convenir à l’esprit du Manifeste : création monétaire par chaque humain de part sa qualité d’être humain, pas de contrôle étatique de la monnaie, dividende universel dès la naissance et jusqu’à la mort, production (forage) sur de petites unités informatiques très peu énergivores, stabilité de la valeur monétaire assurée par un référentiel invariant, propension au don, libération de l’énergie créatrice par la création monétaire, limitation de la thésaurisation excessive. La monnaie libre ne produit ni de super riches, ni de super pauvres, elle tend à l’égalité par sa nature même. Je vous invite à l’explorer et à l’inclure dans les propositions du Manifeste, dont elle partage l’éthique et l’esprit.
    https://trm.creationmonetaire.info/TheorieRelativedelaMonnaie.pdf

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